Labiaplastie ou nymphoplastie : la chirurgie des petites lèvres génitales

La demande de labiaplasties ou chirurgie des petites lèvres ne cesse de croître. Les raisons en sont multiples et variées : demande esthétique pure parfois, mais souvent imputée à une gêne vestimentaire, à des frottements intempestifs à vélo, ou une gêne à l’intromission au début d’un rapport sexuel.

La chirurgie des petites lèvres a été revue quant à ses modalités techniques. Celle des grandes lèvres est plus simple, car elle consiste essentiellement à une demande de remplissage, soit par des fillers, soit par lipofilling itératif.

En matière de réduction de petites lèvres trop grandes, gênantes ou jugées comme telles, deux techniques principales sont utilisées :

Labiaplastie ou nymphoplastie

  • la résection de ce qui dépasse par une ligne droite ou discrètement ondulée : (cf le schéma ci-dessus). C’est ma technique préférée car elle ressemble au principe d’une circoncision chez l’homme. De plus, elle laisse subsister une excellente sensibilité aux petites lèvres, quelques semaines après leur cicatrisation.
  • Une résection triangulaire de l’excédent afin de conserver le rebord ourlé des petites lèvres excédentaires mais il y a un petit risque de nécrose par dé-vascularisation et une diminution de la sensibilité, attestée par certaines patientes.

Le but de ces opérations est d’obtenir un aspect aussi naturel que possible des organes génitaux externes visibles. Chaque patiente étant différente et aspirant à un aspect particulier, il convient d’en discuter et d’établir un plan opératoire personnalisé pour parvenir à une satisfaction maximale.

Une consultation préalable au moins est donc indispensable.

Le Barbie look

Un récent congrès à cannes(06) a vu un chirurgien californien vanter son expérience des nymphoplasties selon le « barbie look’ »: il s’agit de retailler les petites lèvres féminines de telle sorte qu’elles ne dépassent pas les grandes lèvres. Elles ressemblent alors ainsi à l’aspect des célèbres poupées Barbie, chez lesquelles on ne distingue pratiquement pas les organes sexuels externes au niveau de l’entrejambe.

La technique ressemble beaucoup à la technique que j’emploie pour réduire les nymphes hypertrophiées, ce depuis 30 ans.

Des oppositions véhémentes

Il existe de la part d’un groupe intellectuel et de féministes très engagées, une opposition aux opérations de chirurgie esthétique intime.

Ces personnes respectables font valoir que ces opérations de chirurgie esthétique intime, notamment les labiaplasties de réduction, sont contre nature et ne devraient pas être pratiquées. Elles s’appuient sur les risques de complications post-opératoires qui peuvent atteindre 15 % dans certaines statistiques. Leur deuxième argument fondamental est qu’il s’agit d’une opération qui n’est pas indispensable pour la santé et qui s’effectue sous la pression de publication médiatique et de visionnage de films pornographiques.

De plus, le fait que des adolescentes souhaitent ces opérations alors qu’elles n’ont pas encore de maturité sexuelle avérée, représente un élément négatif pour l’acceptation d’opérations dont le but serait futile et n’auraient qu’une connotation financière de la part du chirurgien.

Des suites opératoires pas si simples

Les suites opératoires peuvent être gérées d’une façon hygiénique à condition d’utiliser un brumisateur après les gestes de la toilette intime. Il convient ensuite de sécher avec un séchoir réglé sur tiède avant d’appliquer une pommade cicatrisante en se désinfectant bien les mains avec un gel désinfectant.

Les sutures utilisées sont en général résorbables et disparaîtront en 15 à 21 jours. Un pansement de protection absorbant peut-être utile les premiers temps.

Les douleurs sont en général modérées et l’on peut les soulager à l’aide d’antalgiques vendus sans ordonnance.

la résection des petites lèvres en forme de V majuscule expose davantage aux désunions et à de petites nécroses, qu’ il faudra traiter par cicatrisation dirigée;

Tarifs des labiaplasties

La sécurité sociale prend en charge une partie de l’opération lorsqu’il existe une déformation importante et fonctionnellement gênante.

Lorsque l’indication est purement esthétique, l’opération est alors à la charge totale de la patiente. Elle se fait en ambulatoire mais peut coûter entre 1500 à 3000 €, en fonction de la difficulté du cas, et de la notoriété du chirurgien.

Conclusion

La labiaplastie génitale est une opération bien au point pour laquelle il faut une bonne expérience chirurgicale et qui se pratique paradoxalement surtout par des chirurgiens plasticiens réparateurs et esthétiques, du fait d’une certaine désaffection de la part des gynécologues obstétriciens.

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