Poitrine trop petite : l’augmentation mammaire

C’est l’une des opérations les plus pratiquées dans le monde !

L’augmentation mammaire par prothèses siliconées reste aujourd’hui une opération très fiable, qui donne habituellement de très bons résultats à long terme (plus de 10ans) avec peu de complications sérieuses (moins de 3%). La possibilité d’associer un lipofilling (augmentation composite) ou même de recourir à 2 ou 3 séances de lipofilling pur sans ajout de prothèse est venu ajouter une possibilité thérapeutique nouvelle, à condition que l’on dispose d’une quantité de graisse suffisante pour pouvoir effectuer cette intervention « écologique » : il faut disposer d’au moins 600cc de graisse par session de lipofilling pour gagner un demi bonnet de soutien-gorge,

La difficulté de l’opération siège dans 2 domaines différents :

  • une difficulté technique, liée à la voie d’abord choisie (je préfère de loin la voie axillaire ne laissant aucune cicatrice visible, mais elle plus délicate chirurgicalement parlant).
  • une difficulté d’appréciation du bon volume final, l’essai d’implants différents dans le soutien-gorge étant pour moi la meilleure approche, meilleure que l’imagerie 3D ou des photos de femmes montrées comme modèle.

Cela explique la nécessité de consulter dans le calme, d’obtenir toutes les informations préalables, de recevoir un devis estimatif (entre 5000 et 8000€ selon les cas avec lipofilling associé) et de signer le consentement mutuel avant de procéder à l’organisation de l’opération en clinique, précédée d’une consultation d’anesthésie réglementaire.

Pour les adolescentes très demandeuses, une consultation avec un membre de la famille est indispensable pour créer un consensus familial.

En quoi consiste une augmentation mammaire ?

Il s’agit d’introduire dans votre corps deux corps étrangers bien tolérés, souples et résistants, constitués d’une part d’un gel de silicone médical très cohérent (ultra cohésif, même coupé en 2, le gel ne suinte pas ni ne se répand).

Cette gelée assez ferme est entourée d’une poche étanche multicouches de silicone en feuillets soldes ; la paroi est veloutée en surface (micro texturés), afin de réduire les « coques » post opératoires, ce par effet fractal sur les cellules fibroblastiques qui peuvent « durcir » la réaction des tissus vivants autour de la prothèse.

Exemple d’une prothèse mammaire pour augmentation de 400cc hyperremplie de gel cohésif en silicone
Exemple d’une prothèse mammaire pour augmentation de 400cc hyperremplie de gel cohésif en silicone

Autrefois, les chirurgiens utilisaient des boules d’ivoire, de la paraffine, des éponges en nylon ou en cellophane, des fragments de derme, etc… Mais c’est en 1966 que la technologie en silicone a triomphé avec 2 grandes options :

  • les prothèses en silicone remplies de gel siliconé
  • les prothèses en silicone remplies de sérum physiologique, au toucher moins naturel et pouvant fuir brutalement, aplatissant un sein en quelques instants.

Cette intervention chirurgicale doit être pratiquée par un chirurgien compétent en chirurgie plastique réparatrice et esthétique, dans un établissement de santé agrée, sous anesthésie et impose un suivi pendant les années qui suivent.

On a la preuve maintenant que ces augmentations mammaires par implants siliconés ne sont pas cancérigènes et servent même à reconstruire un sein après un cancer, sans risques et avec d’excellents résultats.

Toutefois on a assisté récemment à quelques cas d’une maladie cancéreuse locale, le Lymphome anaplasique à grandes cellules, qu’on a pu attribuer à certains implants à paroi extérieure macro texturés filamenteux « chevelus » entraînant d’intenses réactions inflammatoires dans de rares cas.

Les cas les plus difficiles sont lorsque la peau du sein est fine, protégeant peu l’implant ou lorsque le sein est tombant, ce qui peut nécessiter une cure de la ptose mammaire en même temps que l’augmentation. Ceci rend l’opération plus difficile, avec des risques accrus d’asymétrie, et de résultats aléatoires pouvant imposer une retouche après 1 an.

L’utilisation d’un lipofilling contemporain de l’augmentation mammaire peut se révéler très utile pour estomper les bords de la prothèse, ou corriger une petite asymétrie préexistante. On privilégie actuellement le positionnement PREMUSCULAIRE PECTORAL des implants pour éviter la valse des prothèses en position rétro pectorale, quand le muscle se contracte. De même les indications des implants anatomiques se raréfient sauf dans certains cas particuliers (reconstruction après cancer) ou ils demeurent fort utiles.

Comment s’organise une augmentation mammaire en pratique

La première consultation est fondamentale : votre chirurgien choisi doit vous écouter, vous examiner, vous expliquer les options et vous faire essayer des implants variés pour vous permettre de réfléchir aux options.

Tout d’abord seront évoqués les facteurs de risques : état cardiovasculaire précaire, médicaments fluidifiant le sang, allergies redoutables, état psychologique redouté (dysmorphophobie, hyperanxiété, paranoïa, troubles de la personnalité), jeunesse immature, etc.

L’examen clinique nous permet de nous focaliser sur votre territoire corporel : hauteur générale, poids largeur du torse, des épaules, poitrine aplasique, asymétrique, tombante, écartée, seins denses ou mous, aréoles élargies ou petites, mamelons ombiliqués éventuels, qualité de peau et de la graisse sous cutanée (favorable s’il existe une couche de 2cm pour cacher l’implant futur), présence de ganglions axillaires ou non, etc.

Quelle forme de seins ?

Le temps suivant est un dialogue pour que vous expliquiez votre désir de changement :

  • quel volume de bonnets de soutien-gorge souhaitez-vous, de B à E ?
  • quelle forme de seins, projetés ou plutôt plats ?
  • très bombé du haut ou plutôt en pente douce(donc prothèses anatomiques) ?
  • si votre poitrine est plate , pourrez-vous tolérer, en cas de prothèses rétro pectorales, plus de douleurs post opératoires, et des prothèses qui vont bouger beaucoup vers le haut si vous contractez les muscles pectoraux ?

Quelle préférence pour les cicatrices d’introduction ?

  • par l’aisselle l’avantage est leur invisibilité, mais la gêne post opératoire dure une quinzaine de jours ;
  • par la jonction aréole peau blanche, la cicatrice peut être visible longtemps et le mamelon perdre transitoirement sa sensibilité ;
  • par en dessous le sein, la cicatrice sera visible si le sein ne retombe pas dessus, mais c’est l’incision préférée en cas de reprise d’un implant ou un changement compliqué de prothèses mammaire ancienne.

Vient le moment capital de passer en salle d’essais des implants. Devant un miroir mural, vous essaierez différentes prothèses de tailles et formes variées, à placer dans le soutien-gorge, sous le mamelon, pour apprécier le bombé obtenu et vérifier que le base d’implantation de la prothèse sera bien cachée par votre sein existant.

Votre chirurgien vous renseigne ensuite sur le déroulement de l’opération après l’entrée en clinique. Il vous précise et fournit l’ordonnance pour les examens à faire avant d’opérer (mammographie et échographie), les examens biologiques à montrer à la consultation d’anesthésie.

Avant l’opération évitez l’aspirine qui fait saigner, tout ce qui est sucré qui favorise l’infection pas toujours nosocomiale (le sucre est le pétrole des microbes).

Je fais en conclusion, en général, un dessin de votre cas sur lequel je mentionne les principales complications à redouter :

  • hématome géant nécessitant une reprise urgente au bloc,
  • infection post opératoire imposant une dépose transitoire de la prothèse,
  • insatisfaction de la patiente par mauvaise compréhension, etc.

Vous avez 15 jours pour réfléchir après la remise ou l‘envoi du devis tarifaire détaillé et un consentement mutuel à lire. Ces documents doivent impérativement nous être renvoyés signés avant une opération prévue.

Il est très fréquent qu’une seconde consultation soit opportune, pour préciser certains détails et répondre à des questions mal ou peu abordées à la première consultation.

Des prothèses mammaires toutes différentes et variées

Les fabricants français font bonne figure dans l’industrie des implants mammaires siliconés. Les laboratoires ARION, SEBBIN, EUROSILICONE, etc. offrent de nombreux modèles fiables et performants dans la consistance excellente et la longue durée de vie. Le scandale PIP a fait beaucoup de tort à cette industrie, très contrôlée maintenant quant aux normes de fabrication, extrêmement contraignant et coûteuses. Les contrôles qualité de fabrication sont à refaire souvent, ce qui fait de nous, les chirurgiens et de vous les patientes des clients rassurés et confiants dans cette fabrication – qui est devenue internationale, avec une percée des fabricants asiatiques au niveau prix – bien sûr !

Il y a de nombreuses innovations en cours, pour alléger les implants en gardant le même volume.

Certains collègues restent partisans de prothèses remplies de sérum physiologique. D’autres ne jurent que par des prothèses en silicone contenant des hydrogels non siliconés, mais ces derniers sont parfois à géométrie variable…

Les formes sont très multiples

  • prothèses rondes symétriques, plus ou moins projetées, plates ou hyper saillantes,
  • prothèses anatomiques en poire, de toutes les nuances de forme, selon les fabricants,
  • paroi extérieure lisse (gare aux coques !) ou micro texturée
patiente avant après augmentation par implants de 280cc pré musculaires.
patiente avant après augmentation par implants de 280cc pré musculaires.
Patiente aux seins très écartés, avec des prothèses latéralisées de 200cc, En position rétromusculaire
Patiente aux seins très écartés, avec des prothèses latéralisées de 200cc, En position rétromusculaire

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