Le lipofilling : une technique développée en France dès 1920

Alors que la première tentative de l’histoire a eu lieu au début des années 1920, par le chirurgien Charles Dujarier, celle-ci restait toutefois rudimentaire.

Plastic and Reconstructive Surgery®

Dans l’article « Précision technique avec greffe de graisse autologue pour le rajeunissement du visage » paru en février 2024, dans le journal « Plastic and Reconstructive Surgery® », les auteurs partagent les résultats de leurs recherches et opinions sur le lipofilling, notamment celui du visage. Des recherches inspirées par le Dr. Rod J. Rohrich, concepteur texan de la chirurgie de précision.

L’importance des travaux Français et Européens en matière de chirurgie

Ce travail, s’il reste phénoménal et particulièrement intéressant, passe néanmoins sous silence les travaux d’origine du chirurgien français Yves-Gérard Illouz. Dès 1988 (10 ans après avoir inventé la technique de la liposuccion-tunnelisation), il a ainsi pratiqué les lipofillings sur le corps humain.

Le Dr Raymond Vilain, mon maître, à l’hôpital Boucicaut, a expérimenté cette méthode sur une patiente présentant une grande culotte de cheval mais une poitrine menue. Il injecta ainsi délicatement la graisse prélevée dans cette partie charnue, dans la poitrine.

Cette intervention s’est soldée par un échec, la patiente ayant développé une infection. Heureusement, l’opération d’extraction de la graisse a pu être pratiquée, sans séquelles sérieuses.

Inspirée par cette première tentative, notre équipe de chefs de cliniques (dont David Maladry et Rami Selinger), commencèrent à utiliser le lipofilling dans la restauration des volumes de membres, souvent après la survenue d’accidents avec pertes de substance sous-cutanées. Le résultat fut significatif.

Ce n’est qu’ensuite que le chirurgien américain Sidney Coleman popularisa la technique de lipofilling par centrifugation en 1997. Méthode qui fut importée par la suite, par le Pr Guy Magalon à Marseille. Se développa ensuite la technique du lipofilling par micro/macrogreffes, puis nanofat (aujourd’hui abandonnée).

Telle qu’on la connaît aujourd’hui, la technique du lipofilling est bien standardisée. Il n’en reste pas moins que toute la graisse injectée ne prend jamais totalement. En effet, seuls 30 à 50 % des adipocytes transférés vont survivre. Toutefois, soulignons que le chirurgien américain Roger Khoury est adepte de greffes géantes, après avoir préalablement dilaté la peau par une sorte de cloche suceuse, distendant les tissus par une aspiration externe.

Le développement du lipofilling du visage en France

Dès 2009, l’équipe du professeur M. Mimoun à l’hôpital Rothschild puis Saint-Louis à démontré l’intérêt du lipofilling facial dans les séquelles des atrophies faciales consécutives au traitement du SIDA par trithérapie.

Lipofilling

Rendons le lipofilling à Illouz !

Sans vouloir minimiser l’intérêt et la pertinence de l’article du « Plastic and Reconstructive Surgery® », il est toutefois important de souligner que le concept volumétrique associé au lifting du visage avait été largement développé dans les années 1990.

La tribune en question apporte des précisions sur les travaux les plus récents (depuis les années 2020) concernant le lipofilling au niveau du visage. Il précise les opinions, divergences et convergences d’une façon analytique, détaillée et minutieuse. Son intérêt est certain et sa méthodologie fouillée et remarquable.

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