Figure emblématique de la chirurgie plastique en France, le Dr Vladimir Mitz partage sa vision humaniste et artistique de son métier. De la microchirurgie à la photographie médicale, en passant par son amour de l’art et de la musique, il se livre dans un entretien passionnant.
Un pionnier au parcours international
Chirurgien plastique de renom, le Dr Vladimir Mitz exerce aujourd’hui en libéral, après une longue carrière hospitalière. Né en Russie, formé en France et spécialisé en microchirurgie aux États-Unis, il a contribué à faire évoluer la chirurgie reconstructrice et esthétique, avec une volonté constante de démocratiser l’accès à ces soins encore mal perçus par les pouvoirs publics.
Membre de l’Académie de chirurgie, il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages, dont « Rajeunir, nouvelles techniques » (Max Chaleil éditeur) et « Chirurgie esthétique et photographie » (L’Harmattan).
Rajeunir en respectant l’identité
À travers son dernier livre, le Dr Mitz dévoile les avancées de la chirurgie esthétique, tout en soulignant l’importance d’une approche mesurée et personnalisée. Pour lui, il ne s’agit pas de transformer les visages, mais de restaurer une harmonie perdue avec le temps.
« L’apparence peut être améliorée de façon très naturelle », explique-t-il. « On ne cherche pas l’immortalité, mais à rendre au patient une image de lui-même plus conforme à ce qu’il ressent. »
Il insiste sur la portée psychologique de ces actes : la chirurgie esthétique, loin d’être superficielle, permet souvent de réparer l’estime de soi. « C’est une chirurgie de l’âme autant que du corps. Elle reconstruit l’égo. »
La photographie, outil médical et artistique
Dans son autre ouvrage, Dr Mitz met en lumière le rôle fondamental de la photographie en chirurgie esthétique. « C’est un outil de documentation, d’analyse, mais aussi de dialogue avec le patient », confie-t-il.
Il développe une véritable esthétique de l’image médicale. Au-delà des simples « avant/après », il réalise parfois de véritables portraits, dans une démarche bienveillante. Son expérience de photographe s’est enrichie au contact de grands professionnels de l’image, qu’il compare à des « chirurgiens de la lumière ».
Une conception artistique de la chirurgie
Le Dr Mitz rejette le dogme de la chirurgie purement technique. Pour lui, il existe une vraie part de création : « Il y a des gestes, des proportions, une harmonie à rechercher. C’est proche du travail du sculpteur. »
Il reconnaît cependant la rigueur nécessaire : « On ne peut improviser en salle d’opération. Il faut un plan, comme un architecte. Mais parfois, le corps réserve des surprises, et il faut s’adapter. »
L’art est partout dans sa vie : peinture, sculpture, musique. Il sculpte la pierre, dessine des corps en mouvement, et compose au piano. « Créer du beau, que ce soit par un visage ou une mélodie, c’est une forme de médecine », dit-il.
Un témoin de son temps
Tout au long de l’entretien, le chirurgien partage ses souvenirs de jeunesse, son expérience d’étudiant dans des centres de vacances juifs, son regard sur l’histoire récente et les fractures de la société. « La solidarité, l’écoute, l’engagement social ont forgé mon parcours », confie-t-il.
Aujourd’hui encore, il milite pour une information transparente des patients et une approche éthique de la chirurgie esthétique. Il alerte sur les dangers de la désinformation, des injections sauvages, des opérateurs non compétents.
« Il faut rappeler que la chirurgie esthétique reste un acte médical. Elle n’est pas magique. Elle implique des risques, une réflexion, une responsabilité », prévient-il.
Vers une médecine plus humaine
Sensible aux enjeux de société, le Dr Mitz s’inquiète aussi de la judiciarisation croissante de la médecine : « Un échec ressenti n’est pas toujours un échec technique, mais il peut mener à des procès. C’est une pression permanente pour les praticiens ».
Malgré tout, il continue d’exercer avec passion, curieux des nouvelles technologies, mais toujours attaché à l’humain. « L’intelligence artificielle ne remplacera jamais le bistouri guidé par une main expérimentée et une oreille attentive ».
En somme, le Dr Vladimir Mitz incarne une médecine où la science rencontre la sensibilité, où le geste opératoire dialogue avec la lumière d’un portrait, et où chaque patient reste une rencontre unique.
L’interview en audio :

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