La chirurgie esthétique et la médecine esthétique représentent une contribution importante au bien-être exigé en cours de nos contemporains.
Toutefois, le problème qui est posé est celui des indications médicales et chirurgicales c’est-à-dire quand est-ce que l’intervention ou un geste d’injection ou de médecine esthétique, même de faible portée, sont utiles ou dangereuses.
En effet, on considère qu’environ 30 % des patients dans une population d’ensemble, disent avoir une souffrance psychologique, même mineure, concernant leur physique. 10 % des patients souffrent eux d’une souffrance liées à un désordre de perception leur corps : body dysmorphic disorder, dépression ou schizophrénie plus ou moins latente. Ces mêmes patients sont parfois tentés de prendre des risques importants pour être traités. Mais qui, par définition, ne pourront jamais être satisfaits.
On peut en trouver des exemples très précis particulièrement dans quatre domaines :
La chirurgie esthétique du nez ou du profil
Nous avons tous en tête le destin difficile du chanteur Michael Jackson opéré à de multiples reprises (et ce, avec une insatisfaction grandissante) en ce qui concerne la forme de son nez devenu tout petit, alors qu’il fuyait l’apparence ethnique d’un nez qui était large et épaté.
Les demandes de chirurgie du nez sont parfois très étranges avec des patients qui arrivent déjà avec une image d’une star ou d’un nez qu’ils ont eux-mêmes transformé pour que le chirurgien se livre à cette opération. Cette dernière n’aboutit pas forcément à un résultat particulièrement esthétique. Nous devons donc refuser un certain nombre de ces demandes quand il y a une disproportion entre l’aura des exigences et la perception des réalités.
Les demandes d’augmentation des fesses ou BBL (Brazilian Butt lift )
Ces opérations ont subi d’ importantes améliorations techniques, car la demande est devenue très forte notamment chez les patients latinos ou de couleur pour lequel l’existence de fesses protruses est une demande existentielle.
L’augmentation des fesses se fait soit par des injections d’acide hyaluronique soit par des implants ou encore par des autogreffes de graisse. Mais le risque n’est pas nul puisque plusieurs morts sont déplorés chaque année à la suite d’injections mal faites. Notamment à cause d’un produit qui passe dans les veines ou dans les artères, conduisant à des complications cérébrales ou pulmonaires graves.
En toute logique, la responsabilité du thérapeute est alors engagée. Les plus importantes précautions doivent être prises avant d’opérer pour s’assurer de la motivation des patients et de la prise en compte des risques qu’ils encourent.
La demande d’une poitrine très volumineuse
Cette demande fut surtout l’apanage des États-Unis 1970-2010 et s’est un peu calmée en Europe, car les patients y sont plus réalistes et ont une demande d’augmentation plus raisonnable.
Le volume moyen consiste à augmenter la poitrine de 300cc environ par côté, ce qui permet de gagner deux bonnets de soutien-gorge, alors que les auto greffes de graisse ne permettent de gagner qu’un demi bonnet par session opératoire. Le choix entre les deux procédés reste problématique, impose des discussions importantes entre la patiente qui rêve ou espère trop fort, et le chirurgien qui connaît les risques de complication évalués à environ 2 % des cas.
Un domaine particulier a subi des améliorations importantes au niveau des résultats, c’est celui de la reconstruction du sein après cancer du sein grâce à ces prothèses dont la durée de vie est d’une vingtaine d’années, avant la nécessité de les changer.
La demande de changement de sexe
Y compris déjà chez certains adolescents qui en manifestent le désir à l’insu des parents. Cela pose un véritable problème social à la fois de reconnaissance de la demande, de sa pertinence physique et psychologique. Le suivi de multiples opérations qui permet de transformer les hommes en femmes et inversement, sans certitude absolue que, toute leur vie, ces patients seront d’accord avec l’opération qu’ils ont exigé. Les risques de suicide sont devenus plus rares. Il y a une vingtaine d’années, ce taux redoutable étaient évalué à presque 50 % des cas à long terme.
Chirurgie esthétique et évaluation psychologique
Tout cela souligne l’importance de l’évaluation psychologique préopératoire de chaque patient, singulier mais exigeant et plein d’espoir.
La formation des chirurgiens esthétiques en matière de psychologie est rudimentaire, le recours à une évaluation psychologique ou psychiatrique avant l’opération est très mal accepté par les patients et cela concourt à une méconnaissance des troubles obsessionnels du comportement et du syndrome du body dysmorphic disorder ou dysmorphophobie qui demeure une contre-indication majeure à un geste chirurgical lourd.

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